Gérer le deuil


Qu'est-ce qu'on appelle le deuil?

En latin, deuil signifie douleur. On le caractérise par une période durant laquelle on éprouve une douleur que ce soit sur le plan émotionnel, physique, mental ou spirituel. Le deuil n'est donc pas forcément lié à priori, à la mort d'une personne, mais il signifie la période difficile à traverser lorsqu'on exprime la fin de quelque chose, la perte de quelqu'un, l’arrêt brutal d'une situation, un licenciement etc...


Comment se gère une période de deuil?

Selon ses croyances , son éducation et le contexte, cette période est vécue de façon différente par chacun. Certaines religions ou type d'éducation imposent des rituels de deuil avec des périodes plus ou moins longues. En fonction du contexte, le deuil peut se vivre de façon solitaire, à l’écart des autres, ou au contraire, très entouré. Encore une fois tout dépend de la personne qui vit ce deuil et l'environnement dans lequel elle évolue.

De manière concrète, cette période de deuil induit des étapes dont on n'a pas toujours conscience mais qui sont des étapes utiles pour "refaire surface" après le décès d'une personne. Une des premières étapes consiste à ressentir des émotions, celles-ci peuvent se bousculer, amener une incompréhension, un désarroi, une douleur physique, on peut se sentir en état de choc, coupable, triste, ému, soulagé, effondré, seul, abandonné.... Après le choc de l'annonce, viennent ensuite, différentes étapes à plus ou moins long terme qui vont être "bénéfiques", malgré la douleur traversée, pour accomplir un travail de transformation et de guérison. on peut être dans le déni de l'annonce et/ou de la situation, c'est-à-dire qu'on est capable de continuer à agir "comme si de rien était", comme si la personne allait revenir. Dans le cadre d'un licenciement, certaines personnes continuent de se préparer pour aller au travail et/ou se projettent lors d'une future réunion. C'est une période qui permet de se protéger encore de l'annonce. De cette période de rejet peuvent naître de grandes conséquences. Lorsque cette phase est dépassée, on rencontre souvent un sentiment de colère, on en veut à la personne partie, on argumente en sa défaveur, on lui trouve des défauts... Parfois cette phase peut se transformer en supplique vers une entité divine ou la personne absente (je me conduirais mieux, je donnerais tout, je promets d'être autrement....). Puis vient la tristesse ressentie. On a conscience du non-retour en arrière et du côté définitif de la situation. On est abattu, triste, on "accuse le coup". Cette période peut rester en l'état durant très longtemps, elle peut se transformer en état dépressif. On se sent démuni. Cela peut se traduire, également, par une phase d'incompréhension, de doute, de regrets, de sentiments d'injustice... Puis, on se résigne, le retour en arrière n'est pas possible et, souvent, on accuse la fatalité, avec un sentiment de dégoût et d’amertume mais on est plus ancré dans la réalité. On abandonne toutes les émotions passées, on tente de se tourner vers autre chose, même si cela demande des efforts. C'est souvent dans cette phase que l'on trouve les ressources en soi pour "revenir" dans la vie. Au final, on accepte. On accepte la situation, on reprend le cours de sa vie et de ses obligations, on devient de moins en moins tributaire de l’événement, on s'en détache pour prendre conscience qu'on est vivant et qu'on a une existence à mener. Dans certains cas, cela passe par une réadaptation, une reprise de l'estime de soi, de la confiance en la vie, de la volonté d'aimer les autres à nouveau sans avoir peur de les perdre.


Le but de notre travail est de faire en sorte que ces étapes se passent le mieux possible, tout en respectant le temps dont on a besoin pour évoluer. Chaque compréhension sera vécue comme une réussite et un pas en avant.



"Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit" - Khalil Gibran


"Ne mettez pas d'obstacle au mouvement de la douleur. Laissez-le mûrir" - Krishnamurti


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